Le MiG-23 répond à une demande de l'armée de l'air soviétique pour un avion de chasse plus performant que le MiG-21, capable d'opérer depuis des terrains sommaires afin de permettre de disperser les unités sur des aérodromes secondaires en cas de conflit. Pour répondre à ce besoin, deux projets furent examinés : un avion à décollage court équipé de deux réacteurs de sustentation à l'arrière du poste de pilotage. Cette formule fut d'abord testée sur un MiG-21PFM modifié (son fuselage étant allongé pour installer deux Kolesov RD-36-35 d'une puissance de 23 kN chacun) puis abouti à un prototype désigné Avion 23-01 avec des entrées d'air déplacées sur le côté pour permettre l'installation d'un puissant radar dans le nez. Le premier vol eu lieu le 3 avril 1967, mais le projet fut rapidement abandonné en raison des nombreux problèmes et limitations posés par cette formule. Un avion équipé d'ailes à géométrie variable dont le prototype fut désigné Avion 23-11. Il disposait lui aussi d'entrées d'air latérales et fit son premier vol le 10 juin 1967, d'abord avec la flèche bloquée à 72 degrés. Un mois plus tard, l'angle des ailes commença à être modifié en vol et testé aux différentes valeurs possibles (16 degrés, 45 degrés, 72 degrés). L'avion 23-11 fut suivi par six autres prototypes et deux avions d'essais statiques au sol. Le premier des 60 MiG-23S de pré-série sortit d'usine en mai 1969, propulsé par un réacteur Tumansky R-27F-300 d'une puissance maximale de 78,5 kN. En cours de production, ce réacteur fut remplacé par le R-27F2-300 capable de fournir 97,8 kN (soit 25 pourcents de poussée supplémentaire). Le développement du radar RP-23 Sapfir-23 initialement prévu pour le MiG-23 ayant pris du retard, les MiG-23S reçurent le RP-22SM du MiG-21MF/bis. Ces premiers MiG-23 présentaient cependant de nombreux défauts, concernant tant la fiabilité de l'avion proprement dit (au niveau en particulier des systèmes hydrauliques et du système d'attache des ailes) que ses caractéristiques de vol (mauvaise stabilité horizontale, sortie de vrille très délicate), avec de plus des performances en combat tournoyant inférieures à celles du MiG-21. Une version améliorée apparut en 1971 : elle disposait d'une première version du radar RP-23 Sapfir-23 (qui s'avéra peu fiable), d'un détecteur infrarouge couplé au système de tir, de nouveaux aérofreins, d'une dérive modifiée pour améliorer la stabilité et, surtout d'une nouvelle voilure avec une surface alaire augmentée de 20 pourcents et les valeurs de flèches augmentées de 2,4 degrés dans toutes les positions. Malgré ces modifications, le nouveau MiG-23SM se révéla tout aussi problématique que le MiG-23S et reste considéré comme un avion de pré-série, construit à seulement 100 exemplaires. La première véritable version de production fut en fait le MiG-23M Flogger B, qui fit son premier vol en juin 1972. Il disposait d'un réacteur R-29-300 d'une puissance de 113,4 kN (soit 15 pourcents de plus) et d'ailes à nouveau modifiées, la suppression des becs de bord d'attaque sur le MiG-23M s'étant avéré être une mauvaise idée. D'autres améliorations furent apportées, notamment concernant l'avionique et le siège éjectable. Enfin, en cours de production, le radar définitif Sapfir-23D-III devint enfin disponible : c'était le premier radar soviétique capable de repérer et d'engager des cibles volants plus bas (capacité Look Down, Shoot Down), et il permettait de plus l'utilisation des missiles AA-7 Apex contre des cibles hors de portée visuelle. Des versions destinées à l'export furent réalisées : le MiG-23MF avec une avionique légèrement dégradée pour les pays du Pacte de Varsovie et les alliés fiables, puis le MiG-23MS (Flogger E) qui disposait seulement du vieux radar RP-22SM pour les autres pays. En tout, environ 1300 exemplaires des MiG-23M, MF et MS furent construits. Une version biplace destinée à l'entraînement fut développé à partir du MiG-23S, le prototype (désigné MiG-23U) faisant son vol inaugural le 10 avril 1970. Elle conservait l'avionique des monoplaces ainsi que leur canon de 23 mm, ce qui la rendait capable de mission de combat. La production commença en 1970 sous la désignation MiG-23UB (Flogger C). Dès 1971, les exemplaires qui sortaient d'usine disposaient de la voilure améliorée du MiG-23M. La production se poursuivi jusqu'en 1985 et les ventes à l'export représentèrent environ un tiers des 770 biplaces construits. |