SO 4050 VAUTOUR

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Le premier vol eut lieu le 16 octobre 1952. C'était un peu trop tôt. Beaucoup de réglages étaient encore nécessaires. L'avion vola pour la deuxième fois trois mois plus tard de manière beaucoup plus satisfaisante, et, le 30 juin 1953, équipé avec deux ATAR 101 C, il passa Mach 1 en piqué. Il était le deuxième avion français capable de franchir le mur du son !

Le deuxième prototype, monoplace, vola pour la première fois le 16 décembre 1953. Ses essais, comme ceux de son prédécesseur furent émaillés d'incidents spectaculaires qui ne se terminèrent bien que grâce à la robustesse et au bon comportement en vol de l'avion. Ils furent couronnés par un autre grand succès : les premiers ravitaillements en vol par un avion français, en décembre 1957. Toutefois, les Vautour de série ne furent pas équipés pour le ravitaillement en vol, car la France ne disposait pas encore de ravitailleurs. Paradoxalement, l'un d'eux servi de pseudo ravitailleur lors des essais du bombardier nucléaire Dassault Mirage IV, mais sans transfert de carburant.
300 exemplaires furent commandés en trois versions : Vautour II A, monoplace d'assaut, Vautour II B biplace de bombardement avec un compartiment avant pressurisé et un nez vitré, Vautour II N biplace en tandem de chasse tout-temps ; mais ce total fut réduit avant la fin de 1958 à 140 exemplaires 30 A, 60 B, 70 N. L'armée de l'Air considéra rapidement que la version A ne lui serait pas utile, cependant, il n'était pas possible d'interrompre la production dont on regrettait qu'elle eût démarré un peu tard à cause de la longueur des essais des appareils de présérie. 19 exemplaires de cette version furent donc vendus à Israël, avec 8 N et 4 B ; ces avions participèrent à de nombreuses missions de guerre.

En France, les Vautour furent affectés aux escadrons de bombardement 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine, aux escadrons de chasse tout-temps 3/30 Lorraine, 1/30 Loire et 2/6 puis 2/30 Normandie-Niemen, au centre d'instruction au bombardement CIB 328, au Centre d'Essais en Vol (CEV), et au Centre d'Expériences Aériennes Militaires (CEAM). Ils entrèrent en service en 1958 alors que les progrès très rapides de la technique aéronautique annonçaient à très brève échéance des avions de combats polyvalents aux performances très supérieures (Mach 2). L'apparition de cette nouvelle génération d'avions en France comme dans d'autres pays, explique pourquoi la commande initiale de 300 avions fut ramenée à 140 exemplaires seulement.

Malgré ses dimensions, et l'aspect un peu démodé du nez vitré de la version de bombardement, le Vautour n'eut jamais la réputation d'être pataud. Très agréable à piloter, il était étonnamment manœuvrant et se montra capable, par ses évolutions, d'échapper à des chasseurs qui lui étaient a priori supérieurs, voire de prendre le dessus. Malheureusement, les missiles, notamment air-sol, qui devaient constituer sa raison d'être ne furent pas mis au point à temps... Paradoxalement, le Vautour servit de bancs d'essais à d'autres missiles et d'autres équipements destinés aux générations d'avions ultérieures. Les derniers Vautour de l'armée de l'Air furent réformés en 1975 et le dernier exemplaire en service au Centre d'Essais en Vol fut cédé en 1991 à une association qui put le préserver en état de vol pendant quelques années. Israël mit un terme aux opérations de ses Vautour en 1971.

L'usine EADS de Saint-Nazaire expose un Vautour, de même que la SNECMA à Melun-Villaroche, le Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, celui de la base aérienne de Reims, celui de Savigny-lès-Beaune, et celui de la force aérienne israélienne