SO 4050 VAUTOUR

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Quelques années après la Deuxième Guerre mondiale, l'armée de l'Air décida de s'orienter vers l'usage de missiles air-sol portés par des chasseurs-bombardiers, après avoir constaté qu'elle n'aurait jamais les moyens de se doter d'une flotte importante de bombardiers lourds. En 1950, elle publia un programme de chasseur lourd motorisé avec deux turboréacteurs ATAR.

Au sein de la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest, SNCASO, le bureau d'étude dirigé par Jean-Charles Parot mettait la dernière main au prototype du SO 4000. Mais le programme de ce bombardier lourd biréacteur était d'ores et déjà abandonné, et d'autres avant-projets plus réalistes étaient à l'étude, les SO 4010 et 4015, sensiblement plus petits, avec leurs deux moteurs sous les ailes. Le 4015 était le plus petit. C'est de lui que fut dérivé un 4050 Vautour, conforme au nouveau programme. Le projet fut présenté en avril 1951 aux autorités de tutelles.

Avion de combat polyvalent, le Vautour emportait ses missiles ou d'autres projectiles à l'intérieur d'une soute, et comportait une cellule considérée comme très légère à l'époque avec beaucoup d'éléments métalliques collés dans la voilure de faible épaisseur relative, et de grands panneaux galbés en sandwich métallique de nid d'abeille constituant le revêtement travaillant du fuselage. Le ou les postes d'équipage étaient pressurisés. Avec deux turboréacteurs Atar 101 B de 3300 kg de poussée maximale avec injection d'eau, l'avion devait, selon les calculs, dépasser les 1000 km par heure requis par le programme. L'armement serait très puissant : quatre canons de 30 mm et jusqu'à 2,5 tonnes de munitions diverses. L'autonomie s'annonçait exceptionnelle avec plus de 10 000 l de kérosène contenu dans les réservoirs internes de la voilure et du fuselage, ainsi que dans des bidons supplémentaires.

Les militaires furent emballés et trois prototypes, une cellule d'essais statiques et six exemplaires de présérie furent commandés en 1952 et 1953. D'ores et déjà, trois versions étaient envisagées : l'appui, le bombardement, la chasse tout-temps. Dans l'enthousiasme général, la construction fut lancée bien avant la fin des études, si bien que le premier prototype commença ses essais durant l'été de 1952, 14 mois seulement après la publication du programme ! Ce premier prototype était biplace en tandem et sa principale originalité visible était son train d'atterrissage car les deux atterrisseurs principaux, munis de diabolos, étaient sous le fuselage, devant et derrière la soute. Deux petits atterrisseurs auxiliaires, des balancines, étaient fixés aux nacelles des moteurs à l'intérieur desquelles ils s'escamotaient. Enfin, autre caractéristique, parmi tous les avions de combat de l'histoire de l'armée de l'Air, le Vautour est celui dont le poste de pilotage était, au sol, le plus haut.